Le déraillement d’une rame d’essai de la LGV-Est le 14 novembre 2015 à Eckwersheim résultait d’une vitesse excessive, en lien avec une faute humaine. Photo EBRA/L'Alsace/Jean-Marc Loos
Le déraillement d’une rame d’essai de la LGV-Est le 14 novembre 2015 à Eckwersheim résultait d’une vitesse excessive, en lien avec une faute humaine. Photo EBRA/L'Alsace/Jean-Marc Loos
« Fautes successives »
Face à un dossier dramatique et complexe, il aura fallu plus de neuf ans à la justice française pour établir les responsabilités de l’accident d’Eckwersheim, dont l’origine humaine avait été mise en lumière par les enquêteurs. Le 10 octobre 2024, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné le conducteur de la rame à sept mois de prison avec sursis, et le cadre traction qui était à ses côtés à 15 mois avec sursis. Tous deux ont été jugés coupables d’avoir élaboré et appliqué, dans le cadre des tests réalisés ce jour-là, une stratégie de freinage « risquée » et « incohérente » qui ne pouvait qu’amener à la catastrophe. Reconnues elle aussi en partie responsables du drame, à travers un manque de communication mais aussi de formation, la SNCF et sa filiale chargée des essais Systra avaient écopé d’amendes de 400 000 et 225 000 euros.
C’est une série de « fautes successives » qui avait provoqué le déraillement, avait pointé le tribunal dans son jugement, devenu définitif puisqu’il n’a fait l’objet d’aucun appel. Après le drame, la SNCF avait pris des mesures pour empêcher les dysfonctionnements pointés par l’enquête, notamment l’interdiction de faire monter des invités à bord des rames d’essai, et le renforcement global des procédures encadrant les tests. La preuve que « cette catastrophe n’aurait jamais dû se produire », selon Me Sophie Sarre, qui assistait la famille d’une victime. « La gestion du risque était largement imparfaite », cinglait l’avocate en novembre dernier, à l’occasion des 10 ans de la catastrophe.
« Si on avait été plus attentifs, ou moins négligent, cet accident aurait pu être évité », abonde ce lundi Me Claude Lienhard. Le pénaliste strasbourgeois, qui a représenté un rescapé de l’accident alsacien, juge qu’« il n’y a pas de mode de transports sans risques », rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Ce qu’il faut, c’est 100 % d’engagement pour la sécurité. »
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