C’étaient de minuscules créatures à motifs, presque insignifiantes. Pourtant, au lieu de peur, il ressentait une étrange tendresse. Le règlement exigeait qu’il les détruise. Mais quelque chose en lui s’y opposait. À distance prudente, il commença à laisser des morceaux de ses maigres rations. Au début, les serpents se figeaient à son approche.
Mais lentement, jour après jour, ils apprirent à faire confiance à cette grande silhouette qui sentait la poussière, le métal et la fumée. Sans un mot, sans attente, un lien silencieux et étrange se tissa entre le soldat endurci par la guerre et les enfants silencieux et venimeux des montagnes.
Une nuit, Artyom resta éveillé, tourmenté par un sombre sentiment qu’il ne pouvait expliquer. Un frisson de guerre le parcourut. Il se porta volontaire pour prendre le quart de nuit à la place de son ami de longue date, Sergueï. Il attendit dans le crépuscule naissant, mais personne ne vint le relever. Le silence devint pesant, chargé d’effroi.
Pressentant un terrible danger, il s’apprêtait à remonter lorsqu’un immense cobra adulte, majestueux et imposant, glissa du haut de la tranchée. Magnifique et terrifiante, elle déploya son capuchon avec une grâce lente et solennelle, lui barrant le passage. Son regard était fixe, inébranlable, impénétrable.
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