Ezio :– C’est bon alors... c'est l'important.
Je le fixe, figée.
C’est tout ? Il ne veut pas savoir qui essaye de nous foutre en l’air ? Il ne nie même pas la vidéo ? Pas une explication ? Pas un mot pour me rassurer ?
Je reste là, incapable de répondre. On a changé de sujet, comme si de rien n’était. Mais dans ma tête, ça tournait en boucle. Ce silence, son détachement… il me hantait.
Je le fixe, finir de préparer à manger.
Il a décoré son assiette mdr et s'est placé devant.
Ezio :– Tu veux ? Bah non, tu ne la mangerais pas, dit-il en souriant, montrant son assiette.
Je lève mon majeur bien haut🖕.
Il éclate de rire.
Il mange et lave son assiette, range, puis monte dans sa chambre.
Il s’allonge sur son lit, et moi, je fais pareil.
On se regarde.
Longtemps.
Moi:– Quand tu reviendras, Ezio… je dois te parler de quelque chose, dis-je en le fixant intensément.
Il cale sa main sous sa tête, les muscles bien dessinés se tendent. Aïe🤤. Mon cœur fait un bond.
Ezio :– Quoi ? demande-t-il, sourire en coin.
Moi:– J’ai dit quand tu seras de retour...on doit parler tous les deux !
Il me toise avec ce petit air de défi que je connais trop bien.
Ezio :– C’est genre… important important ? demande-t-il, intrigué.
Je sens ma gorge se serrer.
Important est faible.
C’est le genre de chose qui peut tout changer.
Qui me noue le ventre,qui me fait peur.. qui me fait cogiter.
Je me demande ce que notre relation deviendrait avec cette vérité.
Moi:– Tu jugeras quand tu seras là, dis-je, la voix basse.
Ezio :– Tu vas me demander en mariage ? dit-il, provocant.
Moi:– Krrr…krrr Ezio t’es pas drôle.
Ezio :– Tu vas me dire que t’es folle de moi, que tu m’aimes et que tu m’as pardonné l’accident ? relance-t-il, sourire narquois au coin des lèvres.
Je lève les yeux au ciel.
Moi:– Arrête de vouloir deviner et dépêche-toi de revenir.
Il sourit doucement, plus tendrement cette fois.
EZIO :— T’inquiète, Iris tu me verras peut-être plus vite que prévu…
Moi :— Hein ?! Tu vas revenir quand ?! dis-je en me redressant d’un coup.
Il sourit.
Ezio :— Tu le sauras… quand tu me verras, murmure-t-il.
Moi:— Aaaah Ezio, je déteste les surprises ! soufflais-je en roulant des yeux.
Ezio :— Et moi, je déteste qu’on ne me dise pas les choses … maintenant, là, tout de suite, ajoute-t-il en riant.
Moi:— Aaah, donc monsieur se venge, c’est ça ? dis-je en plissant les yeux, faussement menaçante.
Ezio :— J’aime toujours prendre ma revanche, Iris… réplique-t-il avec un regard sombre et un sourire en coin.
Moi:— Krrr… krrr… t’es mauvais !
On se fixe un instant, puis on éclate de rire.
Je baille.
Mes yeux commencent à piquer. Mdr, je lutte.
Ezio :— T’as sommeil, murmure-t-il doucement.
Je hoche la tête en souriant.
Moi:— Mdr, mes paupières me trahissent…
Il sourit, tendre.
Ezio:— Vas-y, dors… je te regarde.
Moi:— Et toi, tu vas pas dormir ? demandais-je.
Ezio :— Si. Mais seulement quand toi tu dormiras.
Moi: — ok...
Je cale mon téléphone pour qu’il puisse continuer à me voir.
Moi:— Bonne nuit, Ezio… dis-je en le fixant encore une dernière fois.
Ezio :— Bonne nuit, Iris…
Je commence à sombrer.
Et croyez-moi ou pas, j’ai senti… il me fixait. Genre, il me regardait dormir. Il est trop mignon .
*********
Il est 2h00 du matin quand un bruit me réveille. Mon cœur manque un battement. Je me redresse d’un coup, tirant ma couverture contre moi comme une barrière de sécurité sacrée.
Je cligne des yeux.
Moi:— Sorën ?!
Il est là. Debout. À côté de mon lit. Genre au-dessus de moi. Normal.
Moi:— PUTAIN ! Qu’est-ce que tu fais ici ?! chuchotais-je, mi-paniquée, mi-agacée.
Il me regarde, l’air rincé.
Sorën :— Je me suis disputé avec Solange… Elle m’a foutu dehors … souffle-t-il.
Je lève un sourcil. Mon téléphone en main, je check l’heure.
Moi:— Il est deux heures du matin, Sorën. Deux heures. Et tu rentres dans ma chambre comme un psycho ?! Si je dormais nue, hein ? T’as pensé à ça ?!
Il hausse les épaules.
Sorën :— J’suis désolé. J’veux pas m’imposer. Je voulais juste savoir si tu connaissais un endroit où je pourrais dormir sans finir cassé en deux au réveil…
Moi:— Bah mdr, y’a le couloir. Le canapé. Le sol. La cuisine, même. Mais pas ma chambre, espèce de malade, dis-je en lui tapant le bras.
Il sourit. Ce mec a le culot de sourire.
Sorën :— Le vieux serait pas content de me voir pioncer dans le salon, tu vois ? Je pense qu'il va trouver ça bizarre... j'avais peur mdr qu'il commence à poser des questions sur le pourquoi je me suis embrouillé avec ma meuf.
Il parle de Domenico.
Moi:— Ce qu’il serait encore moins content de voir, c’est toi dans ma chambre, à deux heures du mat, frère.Tu veux mourir ?!
Je lève les yeux au ciel.
Moi:— Tu t’es embrouillé avec ta copine, et tu viens squatter la chambre de ta sœur ?? N'oublie pas on a dit que t'es mon frère imbécile… ta logique est zéro, Sorën.
Il se laisse tomber sur le bord du lit.
Sorën :— Je me disais que t’allais forcément connaître un coin où je pourrais dormir sans me plier comme une crêpe. Un endroit discret. Je veux pas que tout le monde sache que je me suis disputé avec Solange. On vit quand même dans un château, non ? C’est pas possible qu’il y ait que six chambres.
Je ris doucement.
Moi:— Normalement, ouais. Mais j’sais pas trop. Par contre, je connais quelqu’un qui pourrait t’aider à en trouver une. Et promets-moi un truc : ne reviens plus jamais dans ma chambre la nuit comme un voleur. C’est flippant.
Il rit aussi.
Je le regarde un instant. Mon regard se pose sur ses traits tirés, ses yeux fatigués.
Moi:— Y’a quoi avec Solange ? demandais-je doucement.
Il inspire longuement.
Sorën :— À ton avis… L’histoire du bébé. Elle n'arrive pas à la comprendre.
Je serre les lèvres.
Moi:— Merde… j’avais oublié ce détail. Je suis désolée, Sorën. Vraiment. Tout ça c'est de ma faute.
Il baisse les yeux. Puis il les relève vers moi et me regarde un instant.
Je tire un peu plus la couverture sur moi.
Moi:— Wesh, arrête de me regarder comme ça, là. Je suis en robe légère, t’abuses. grognais-je.
Il détourne immédiatement la tête, mains levées.
Sorën :— Waah, comment tu te crois trop irrésistible ! J’te regardais pas , je réfléchissais…
Moi:— Fuck you… Eh t’as vu ? Mon anglais s’est grave amélioré, krrr krrr…
Sorën :— Mdr tu parles… c’est toujours aussi naze…
On éclate de rire .
Puis mon rire s’essouffle un peu.
Moi :— En fait… —je soupire—… Solange, elle a pensé quoi de cette histoire ?
Il baisse légèrement la tête, l’air un peu paumé, un peu blessé.
Sorën :— Bah imagine… Elle m’a dit que je lui faisais pas confiance. Elle comprend pas pourquoi elle est la dernière au courant, alors que c’est ma meuf. En vrai, Iris, elle est vraiment déçue… triste et je t'épargne le reste de la dispute mdr.
Je baisse les yeux, un nœud dans le ventre.
Moi:— Elle a raison… Mon Dieu, j’ai tellement honte. C’est la chose la plus stupide que j’ai faite.
Sorën :— Ah bon ? Je croyais que c’était m’épouser… dit-il avec un sourire en coin.
Moi:— T’épouser ? C’est pas stupide. C’est carrément la chose la plus conne et pitoyable que j’ai faite. Mon Dieu j'étais folle hein Mdr.
Il secoue la tête amusé.
Moi : — encore...je suis vraiment désolée sorën pour Solange..
Sorën :— T’inquiète. Demain, j’arrange ça. Fleurs, chocolat, bisous. Le combo gagnant.
Moi:— Krrr krrr, hahaha ! rigolé-je.
Sorën :— Eh ! Te moque pas, wesh.
Moi :— Non mais sérieux… t’es grave nul en meuf, Sorën. C’est chaud.
Sorën :— Bah tu veux que je fasse quoi ?
Moi:— Réfléchis avec ta grosse tête, là ! Il faut te DÉ-CAR-CA-SSER, mon grand. Surprend là.
Il sourit.
Je me lève, toujours enroulée dans ma couverture XXL.
Moi:— Reste ici… Je vais me changer, et je vais t’aider à trouver une chambre. Mais plus jamais tu viens hanter ma pièce à 2h du mat . On est d’accord ?
Il hoche la tête et lève les mains en l'air.
Je le laisse, direction la salle de bain. Je verrouille. Pyjama long, pantalon, grand t-shirt. IRIS STYLE.
Quand je ressors, il est toujours là, assis, les mains jointes entre les genoux, sage comme un gosse puni.
Moi:— Oh, pauvre corbeau… dis-je en refaisant mon chignon.
Il me dévisage. Je fais pareil. Guerre des regards.
Moi:— Viens, suis-moi.
On traverse la villa. Silencieusement. Les couloirs sont endormis. On se dirige vers l’aile des gars. Celle des hommes de Ezio.
Je toque doucement à la porte d’Alessandro.
Sorën :— Waaah, toi, pour éviter les embrouilles, t’es forte, Iris. Je te dis un endroit discret et que personne sache ma dispute avec Solange toi tu me ramènes ici??
Moi:— Chut, ta gueule ! soufflé-je.
Sorën :— Eh… chut toi-même, dit-il en me lançant un regard noir.
La porte s’ouvre.
Alessandro, air blasé , grand pyjama mdr on dirait un parachute dit :
Alessandro :— Qu’est-ce que tu fais là ? Et lui ? Qu’est-ce que LUI fait là ?
Moi :— Il a besoin d’une chambre. Il s’est pris la tête avec Solange,sa meuf. Si tu peux lui trouver un lit dans cette baraque de 3 000 mètres carrés, ça serait cool.
Alessandro lève les yeux au ciel.
Alessandro :— J’ai la flemme. Viens. On partage le lit.
Les deux se toisent. C’est silencieux, tendu… ridicule.
Alessandro :— Fais vite avant que je change d’avis, lâche t'il.
Sorën :— Ouais ouais… t’inquiète pas, mdr, dit-il en entrant.
Alessandro :— Première règle dans ma chambre : on se tait. Deuxième règle : on parle pas trop. Troisième : ton attitude de voyou, tu la gardes pour toi.
Mdrrr 😭😭😭. RIP Sorën.
Moi j’suis appuyée contre l’encadrement de la porte, en train de les fixer avec une joie malicieuse.
Moi:— Bonne nuit les tourtereaux. Profitez bien de votre nuit de noces.
Alessandro :— IRIS !!! grogne t'il.
Oupsi. Ma bouche a encore glissé.
C'est ton beau père iris !! Bon sang... apprend à la fermer.
Moi:— Aaah, eh désolée, bonne nuit.
— Bonne nuit, répondent-ils en synchro.
Je file en trottinant dans ma chambre, me jette sur le lit, le cœur léger, un petit sourire accroché au coin des lèvres.
Puis je reprends mon téléphone.
Et là.
LA CLAQUE.
Ezio est resté connecté… Une heure de plus.
Je vais m’évanouir.
Une heure de plus à me regarder dormir 🥺.
Et en plus, il m’a laissé un message :
« Mdr tu ouvres ta petite bouche quand tu dors… c’est trop mignon. T’as une bouche à laper Iris. »
JE. VAIS. MOURIR.
Non mais je vous jure, ce message… il a fait battre mon cœur comme jamais.
Je pose ma tête contre l’oreiller, ferme les yeux, mais mon esprit, lui, tourne à mille à l’heure. Mes doigts se referment sur le tissu du drap. Je suis déterminée. Demain, je découvrirai qui est cette personne qui cherche à nuire à Ezio et à moi.
Quelqu’un veut nous séparer.
Et cette personne me connaît.
Elle a mon numéro. Elle sait comment me toucher.
Elle ne me fait pas peur. Au contraire : elle vient d’ouvrir le feu. Et crois-moi, tu vas regretter d’avoir essayé de jouer avec Iris.
Première suspecte ? Manon.
Il faut que je sache si c’est elle… ou pas. Il faut que je le sache vite.
— Voix de l’auteur —
Pendant ce temps, dans la chambre De Domenico, Manon réajuste son chemisier en soie, le regard vide, le cœur glacé.
Domenico Vasari l'a convoqué dans la chambre car «il ne peut plus se passer d'elle»
Domenico, toujours torse nu, la serre par la taille et souffle doucement contre son cou , satisfait :
Domenico :— Tu étais... magnifique. Je deviens de plus en plus accro, murmure-t-il, une lueur malsaine dans les yeux.
Manon retient une grimace. Elle pince ses lèvres pour ne pas vomir sur ses mocassins en crocodile. Elle lui offre un sourire... faux, évidemment.
Manon:— Je dois retourner dans ma chambre, monsieur Vasari… C’était… exceptionnel, souffle-t-elle avec une douceur calculée.
Il lui caresse les hanches, tout sourire, sûr de son pouvoir.
Domenico :— Bonne nuit, Manon.
Manon :— Bonne nuit… monsieur Vasari.
Elle referme la porte, et à peine sortie, elle détale dans le couloir comme une voleuse . Direction sa chambre puis les toilettes. Elle pousse la porte, se penche et vomit dans le lavabo. Bruyamment.
Manon :— Beurk… quel rat… murmure-t-elle entre deux haut-le-cœur. Faut que je m’en débarrasse. Vite.
Elle s’essuie la bouche, attrape son téléphone, et fait apparaître la vidéo.
Celle tournée par l'inconnu .
Elle et Domenico Ensemble.
Une arme. Sa meilleure.
Le plan B.
Mais son plan A est encore plus vicieux : que Gabriel le tue. Ou que Domenico élimine Gabriel. L’un des deux devra mourir.
Car il faut qu’elle les écarte. Tous.
Parce que l’inconnu prépare déjà la chute d’Iris et Ezio .
Et une fois qu’Iris sera hors-jeu…
Ezio sera libre.
Mais libre ne suffit pas. Elle veut qu’il l’aime. Elle veut qu’il ne voie plus qu’elle. Et pour ça, il faut faire disparaître ceux qui l’entourent. Ces deux connards sinon ils risquent d'être un frein.
Tout ça c'est parce que cet idiot de Gabriel l'a vu déverser ce poison et il connaît son secret . S'il ne l'avait pas vu , elle n'en serait pas là.
Elle lève la tête. Se fixe dans le miroir.
Ses lèvres s’étirent dans un sourire carnassier, inhumain, presque démoniaque.
Manon :— Un par un… je vais tous vous éliminer.
********
Elle traîna les pieds dans le couloir désert, comme une âme brisée, le visage ruiné par des fausses larmes .
Devant la porte de Gabriel, elle frappa, doucement d’abord… puis plus fort, la voix brisée.
Manon :— Ga… Gabriel… Gabriel… sanglota-t-elle.
La porte s’ouvrit lentement. Gabriel apparut, torse nu, les yeux à moitié fermés, les cheveux en bataille.
Gabriel :— Manon ? marmonna-t-il, surpris.
Elle se jeta contre lui, en pleurs, comme une petite fille apeurée. Il la rattrapa de justesse.
Manon :— Gabriel… Domenico… fff… ffffff… pleura-t-elle à chaudes larmes.
Gabriel fronça les sourcils. Il la fit entrer et referma la porte derrière elle.
Gabriel :— Assieds-toi. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? demanda-t-il, la voix grave.
Elle s’effondra sur le lit, tremblante, le regard fuyant.
Manon :— J’ai… j’ai couché avec lui, Gabriel… sanglota-t-elle.
Un silence. Un vide.
Puis, une seconde plus tard, tout explosa.
Les yeux de Gabriel devinrent rouges de colère. Il tendit le bras, et sans prévenir, l’attrapa brutalement par le cou.
Gabriel :— Quoi ?? T’AS FAIT QUOI ?!! Sale chienne !! Et tu oses venir me le dire ?! hurla-t-il, sa voix déchirant le silence de la chambre.
Manon suffoquait, les mains autour de son poignet.
Manon :— E… écoute-moi… haleta-t-elle.
Il desserra légèrement son emprise, juste assez pour qu’elle respire, pas assez pour qu’elle se sente en sécurité.
Manon :— J’avais pas le choix ! pleura-t-elle, la voix éclatée. Il m’a convoquée dans sa chambre, y avait une arme dans sa main, tu m’entends ?! J’ai fait ce que j’ai fait pour survivre !
Gabriel serra les mâchoires, une ride de lion barrant son front.
Il fulminait.
Gabriel :— J’aurais préféré te voir morte, Manon. Morte. Plutôt que de savoir que tu couches avec un autre. Je t’ai dit que t’étais à moi ! T'es ma salope t'as compris ?
Elle leva les yeux, trempés de larmes, le souffle en vrac.
Manon :— Domenico dit pareil ! Il m’a menacée ! Il m’a dit qu’il tuerait quiconque s’approcherait de moi ! Il me met la pression, Gabriel ! Je fais quoi, hein ? Je fais quoi ?! hurla-t-elle en éclatant en sanglots.
Un silence. Puis, une phrase. Glaciale.
Gabriel :— Tu verras, Manon… Lors de la fête… Domenico va rejoindre ses ancêtres.
Elle releva la tête, stupéfaite.
Manon :— Quoi… ? chuchota-t-elle, les yeux agrandis .
Gabriel :— Après ça, je serai l’héritier. Et toi, tu seras à moi. Ezio aussi va partir. Lui aussi va rejoindre son père. T’as compris ?
Elle se figea, choquée.
Manon :— Hein ?! Ezio… aussi ?!
Gabriel la lâcha enfin. Elle recula d’un bond et porta sa main à son cou, haletante, comme si l’air redevenait possible.
Gabriel :— Il faut que je me débarrasse d’eux. Tous les deux. Pour être le seul Vasari, dit-il froidement.
Elle cligna des yeux. Elle croyait rêver.
Manon :— Toi ? Un Vasari ? Je comprends rien… souffla-t-elle, le souffle encore coupé.
Il la fixa droit dans les yeux.
Gabriel :— Manon. Je suis le frère de Ezio. Le fils caché de Domenico.
Un silence. Puis...
Manon :— HAHAHAHAHA ! s’étrangla-t-elle, en riant nerveusement. HAHA… ha… ha…
Gabriel, lui, ne riait pas. Pas du tout.
Elle le dévisage, un sourcil arqué, comme si ses mots venaient de Mars.
Manon :— Tu as fumé quoi cette nuit, Gabriel ? De quoi tu parles ?? Ezio avoir un frère ? Et ce frère serait toi ? Va te passer de l’eau sur le visage, t’es en train de disjoncter, mon grand…
Gabriel affiche un sourire en coin. Un sourire trop calme pour être honnête.
Gabriel :— Et dire que je pensais qu’Ezio te disait tout… Tu ne m’avais pas dit qu’il y a deux ans, t’étais sa confidente ?… lâche-t-il d’un ton mielleux.
Les mâchoires de Manon se serrent.
Manon :— Oui… mais comme tu vois, je suis pas dans son carnet secret non plus, souffle-t-elle, amère.
Gabriel hoche la tête, faussement compatissant.
Gabriel :— Il te dit rien, Manon. Rien de plus qu’il dit à tout le monde. Il te voit pas… Il voit juste la fille de la domestique, c’est tout, balance-t-il, venimeux.
La remarque pique. Manon croise les bras, les tempes prêtes à exploser.
Gabriel :— Il ne te mérite pas. Moi, je te mérite. Toi et moi, on va être riches… — sa main grimpe jusqu’à la joue de Manon, douce mais chargée d’ombres — …on va avoir la vie qu’on veut. Mais avant, Domenico doit partir.
Il marque une pause, ses yeux sombres s’enflammant.
Gabriel :— Au début, je pensais qu’en écartant Ezio, Domenico m’offrirait la succession. Mais non. Ce vieux vautour préfère son argent à ses propres fils. Alors je vais l’envoyer retrouver ses ancêtres. Et Ezio aussi. Après ça, je me présente comme son héritier. Son fils perdu.
Manon éclate d’un rire nerveux, mélange de stupeur et de cynisme.
Manon :— Donc t'es sérieux Ezio a un frère caché… et ce frère, ce serait toi ?
Gabriel :— Exactement, dit-il dans un souffle, en déposant un baiser dans son cou.
Manon lève les yeux au ciel.
Manon:— Et qu’est-ce qui te fait croire que t’es son frère ?
Gabriel se redresse, le regard brûlant de certitude.
Gabriel :— J’ai jamais connu mon père. Et à mes 16 ans, ma mère m’a traîné jusqu’à la villa de Domenico. Elle m’a laissé là. Et lui… il m’a pris sous son aile. Sans poser de question. Il m’a logé, nourri, entraîné… Pourquoi il ferait ça, hein ? Si j’étais personne pour lui ?
Manon :— Ou alors… peut-être qu’il voulait juste un jeune ambitieux à ses côtés ? Peut-être qu’il se rachète une conscience ? Ou qu’il t’a vu comme un pion utile ? Tu veux toutes les théories ou j’arrête là ? réplique t'elle, ironique.
Gabriel serre les dents.
Gabriel :— Domenico n’a pas de conscience. Et je suis sûr que je suis son fils. Je le sens. Et la seule chose qu’il manque à ce puzzle…
Il s’approche, ses doigts agrippant la nuque de Manon.
Gabriel :— …c’est qu’Ezio meure.
Manon tressaille.
Gabriel :— Choisis ton camp, Manon.
Tout se brouille dans sa tête. Ce n’est pas censé se passer comme ça. Gabriel devient une tempête incontrôlable, et cette obsession pour elle... ça frôle le cauchemar.
Elle doit accélérer son plan.
Alors elle inspire, puis sourit.
Manon :— Si je dois choisir… je choisis toi, Gabriel, dit-elle d’une voix suave.
Il la fixe, méfiant.
Gabriel :— Ne me prends pas pour un con. Je connais ton obsession pour Ezio. Et crois-moi, si tu me plantes un couteau dans le dos, je t’emmène avec moi dans la tombe, murmure-t-il, les yeux injectés de feu.
Le cœur de Manon bondit dans sa poitrine.
Manon :— Tu sais très bien que moi, je suis du côté des gagnants… — elle hausse une épaule — …et ce que je veux plus que tout, c’est ma vie. Et l’argent. Hahaha…
Gabriel la fixe, puis son sourire revient.
Ils éclatent de rire ensemble, des rires qui sonnent presque trop aigus, trop faux.
Il la tire contre lui, et leurs lèvres se cherchent. Se mordent. Se dévorent.
Il la plaque sur le lit, monte sur elle, la déshabille .
Et cette nuit-là, pour la deuxième fois… Manon entrouvre les cuisses.
Cette fois, pour Gabriel.
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Derrière son écran, quelque part dans l’ombre, un homme observe la scène.
Un sourire en coin, presque félin, s’étire sur son visage.
— Ça devient de plus en plus intéressant… murmure-t-il, les yeux brillants de malice.
Il fait craquer sa nuque.
— Une vraie bombe. Bientôt, tout va exploser.
Et sur son écran, il enregistre Manon et Gabriel.
(À suivre....)
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